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CHAPITRE VI ACTUALITÉ DU LIVRE AUJOURD? HUI

Lowry Heath W.*
Les Dessous Des Mémoires de L?Ambassadeur Morgenthau
 

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ACTUALITÉ DU LIVRE AUJOURD’ HUI

Si ce livre n’était simplement que les mémoires d’un promoteur immobilier arrivé, devenu par la suite un collecteur de fonds pour campagne électorale, et dont les efforts auraient été récompensé, non pas par le poste de Secrétaire du Trésor, comme il l’avait espéré, mais par la fonction plus modeste d’ambassadeur auprès de l’Empire ottoman, alors nous aurions Pu oublier Henry Morgenthau comme aurait du le faire le monde il y a un demi-siècle. Mais ce n’est pas le cas. En 1990, soixante-douze ans après sa première parution, le livre de l’ambassadeur Morgenthau est toujours disponible en librairie. Au cours de l’année écoulée, il a été cité à plusieurs reprises dans l’hemicycle du Congrès américain par un nombre de sénateurs bien-intentionnés, comme preuve que le gouvernement des Jeunes - Turcs a projeté et entrepris un “génocide” contre la minorité arménienne. [123] Actuellement, un nombre de “Guides de l’Étudiant pour les Etudes sur le Génocide et l’Holocauste” utilisés dans les écoles secondaires aux U.S.A. présentent aux étudiants des extraits du livre pour illustrer la perversité d’hommes qui peuvent projeter et perpétrer un génocide, etc. [124] En somme, loin d’être relégué aux oubliettes, comme il le mérite, le livre de l’ambassadeur Morgenthau demeure aujourd’hui un point central dans le corpus de la littérature qui persiste à présenter les Turcs parmi les fauteurs impénitents de génocide à travers les siècles.

Alors que le but de cette présente étude est moins un examen de la question de savoir si oui ou non le sort des Arméniens de l’Empire ottoman correspond à la définition de “génocide” mais plutôt, une tentative de distinguer entre la réalité et la fantaisie dans l’interprétation de l’Histoire par l’ambassadeur Morgenthau, nous nous devons de ne pas négliger les implications que l’on peut en tirer.

En plus de son rôle de représentant américain à Constantinople, Morgenthau joua un rôle primordial dans la dissémination d’informations à travers le monde sur les souffrances des Arméniens de l’Empire en temps de guerre. Ainsi, il y a généralement trois noms associés à la propagation de nouvelles concernant les Arméniens alors que la guerre suivait son cours. Lord Bryce, dont la compilation de documents de 1916 intitulée: The Treatment of Armenians in the Ottoman Empire, [125] a donné la première alerte; le pasteur protestant allemand Johannes Lepsius, dont Le Rapport secret du Dr. Johannes Lepsius sur les massacres d’Arménie de 1917-18 [126], a répandu la nouvelle au reste de l’Europe; et, le livre de l’ambassadeur Morgenthau qui est apparu simultanément en Europe et aux Etats-Unis en 1918. Ce qui est moins connu, c’est la relation entre ces trois ouvrages, et, en particulier, le rôle joué par Henry Morgenthau dans chacun d’eux.

Le 31 juillet 1915, le journal de Morgenthau, contient le récit suivant de la première rencontre entre le représentant américain et le pasteur allemand Lepsius:

A 15:00 le Dr. Johannes Lepsius, de Potsdam, est venu. Il nous raconta beaucoup de choses sur les affaires arméniennes, et tenait à connaître ce que nous savions... Lepsius semblait vraiment décidé d’entreprendre quelque chose. Il a suggéré d’aller à Genève d’ici et de faire appel à la Croix-Rouge Internationale, aux chefs des nations neutres et au Pape pour se joindre à une protestation universelle. [127]

La lettre de famille qui touche a cette rencontre répète les passages ci-dessus et ajoute ceci: “J’ai organisé une entrevue entre Tsamados, le chargé d’affaires grec et Lepsius, comme le Professeur voulait savoir comment étaient traités les Grecs.” [128] Morgenthau fut tellement impressionné par cette réunion que le même jour il envoya un télégramme chiffré au Département d’État demandant la permission de fournir à Lepsius toutes les informations que l’Ambassade avait dans ses dossiers. Voici ses propres termes:

Le Docteur [Lepsius] a proposé de soumettre l’affaire à la Croix Rouge Internationale pour une action commune en vue d’essayer de persuader l’Allemagne de demander que cessent ces horreurs. Il a insisté pour avoir accès aux informations que l’Ambassade a dans ses dossiers. Je les lui fournirai si le Département n’y voit pas d’objection. [129]

Quoique la requête d’accéder aux informations provienne de Lepsius, le ton de la dépêche de Morgenthau montre clairement qu’il était d’accord.

Comme suite à leur réunion du 31 juillet, Morgenthau invita Lepsius à dîner le soir du 3 août 1915. La note de Morgenthau dans son journal raconte ceci de leur entretien:

Nous avons eu une longue discussion sur les affaires arméniennes. Lepsius nous parla de ses activités passées sur ce sujet... Lepsius pense que peu de choses peuvent être entreprises maintenant pour cesser les déportations mais qu’il Ira en Suisse, à Genève pour secouer la Croix Rouge Internationale. Je lui al dit qu’il devrait voir Helferich, et lui expliquer que ce serait la destruction économique de la Turquie et les Allemands trouveront une cosse vide lorsqu’ils en prendront possession. J’ai fait appeler Schmavonian, il est venu et a pris part à l’entretien après le souper. [130]

Le 6 août 1915, Morgenthau reçut un télégramme chiffré du secrétaire d’État Robert Lansing à Washington qui déclarait ceci: “Vous êtes autorisé à utiliser votre jugement en ce qui concerne l’accès de Lepsius aux dossiers. [131]”

Alors, le 11 août 1915, Lepsius, une fois encore, rendit visite à Morgenthau et l’informa qu’il “espérait avoir une entrevue avec Enver Pasha cet après-midi-là, mais qu’il avait peu d’espoir d’accomplir quelque chose; que les autorités semblaient tenir à mener à bonne fin leur plan.” [132]

Le 14 août, Lepsius rendit visite une fois encore à Morgenthau. Le journal fournit le récit suivant de leur rencontre:

Lepsius est passé, je lui ai donné quelques uns des rapports à lire et une traduction d’une brochure en arabe. Il me raconta tout sur son entrevue avec Enver. [Il] était surpris de la manière détendue avec laquelle Enver a parlé de leurs projets de se débarrasser des Arméniens. Enver lui a dit que c’était une occasion et qu’ils étaient prêts à la saisir. İl lui a dit à peu prés la même chose qu’il m’avait dite. [133]

La lettre à la famille du 23 août 1915 contient un passage qui sert à éclaircir un peu la phrase du début du journal, car d’après le journal il n’est pas clair si Morgenthau a simplement laissé Lepsius jeter un coup d’œil sur quelques rapports (“Je lui ai donné quelques uns des rapports à lire”), ou si Lepsius a reçu des copies des rapports des dossiers de l’Ambassade. La lettre indique en fait que Lepsius a eu entre les mains des copies des documents:

Dr. Lepsius est passé et je lui ai donné quelques uns des rapports que nous avons reçu de nos différents consuls ainsi qu’une traduction d’une brochure écrite en arabe. [134]

Même sans ces passages ci-dessus, une simple comparaison des récits publiés dans les livres de Lepsius avec les rapports soumis à Morgenthau par ses consuls et les missionnaires américains servira à établir que Morgenthau fut une source-clé pour Lepsius. Etant donné le fait que Lepsius n’est resté qu’un mois dans la capitale ottomane durant la guerre et que le nombre des missionnaires allemands à l’intérieur de l’Anatolie était relativement restreint, il n’est pas surprenant que la plupart de ses documents sur les déportations ait dû émaner de sources missionnaires américaines. Le fait que la “discrétion” de Morgenthau consistait à laisser à Lepsius libre accès aux dossiers de son ambassade et des copies de leurs contenus suggère que l’ambassadeur a pu dépasser le cadre de ses instructions.

Ce qui est plus intéressant encore est que Morgenthau a apparemment choisi d’interprêter le demi - accord de Lansing pour comprendre qu’il était libre d’utiliser sa “discrétion” chaque fois que l’occasion se présenterait. Et elle s’est présentée. Moins d’un mois après le message chiffré de Lansing, Morgenthau reçut une lettre de Lord James Bryce avec lequel il avait fait connaissance durant un voyage en Palestine en 1914.

Bryce qui avait déjà prêté son nom à la propagande de la Wellington House sur les massacres dans le cas du Report of the Committee on Alleged German Outrages, connu sous le nom de “Rapport Bryce”, dévoile le motif de sa lettre après s’être étendu sur “les massacres révoltants d’Arméniens”. Il s’enquiert:

si l’Ambassade reçoit des rapports de missionnaires américains résidant dans la Turquie asiatique qui serviraient à éclaircir la situation, peut - être pourriez-vous m’autoriser à les consulter à l’occasion, les rapports de vos propres consuls n’étant bien sûr destinés qu’à votre propre gouvernement [135].

En admettant que Morgenthau ait pris la peine de demander de nouvelles instructions en cette circonstance au Département d’État, un examen minutieux du Documents Morgenthau et des archives du Département n’ont pas permis d’en retrouver la trace. Mais en tout cas il ne perdit point de temps pour répondre à la requête de Lord Bryce. Même un examen cursif des documents contenus dans The Treatment of Armenians in the Ottoman Empire, publié en 1916 par Bryce avec les rapports soumis à Morgenthau, établit clairement que ce dernier a servi de source pour cette collection [136]. L’ambassadeur ne semble point s’être soucié de la mise en garde de Bryce (ce dernier voulait-il insinuer le contraire?) que les rapports consulaires étaient destinés au Département d’Etat. En effet les rapports du consul américain d’Alep, J. B. Jackson, figurent, quoique sans attribution d’auteur dans l’ouvrage de Bryce, et cela quelques mois seulement après avoir été soumis à Morgenthau [137].

Une source aussi fiable que Morgenthau lui-même confirme bien qu’il ne s’agissait pas là d’une coincidence, et que les Anglais n’ont point obtenu ces documents d’une autre source; en effet il décrit ainsi son rôle de pourvoyeur de documents pour Bryce dans la Red Cross Magazine de mars 1919:

J’ai saisi cette occasion pour assurer que les faits devaient être exactement enregistrés, pour avoir des notes bien tenues sur les déclarations qui m’ont été faites par des témoins oculaires des massacres. Ces déclarations contiennent des rapports de réfugiés de toutes sortes, de missionnaires chrétiens et d’autres témoins... Beaucoup de documents que j’ai collectés ont été déjà publiés dans l’excellent volume de matériels documentaires du Vicomte Bryce. [138]

Lorsqu’on réalise que ces documents qui formaient l’épine dorsale des pièces les plus saisissantes de la propagande de guerre contre la Turquie étaient fournies aux services de renseignements anglais par un ambassadeur des États-Unis, pays neutre, et qu’ils furent publiées en tant que partie de la campagne pour mobiliser l’opinion publique américaine contre les Turcs et les Allemands, avec l’espoir de faire entrer l’Amérique dans la guerre, on ne peut que se poser des questions sur la discrétion de Morgenthau lui-même. [139] Le rapport de Bryce ne fut pas non plus le seul effort de propagande anglaise qui ait utilisé les documents de Morgenthau. Arnold Toynbee, présenté dans une étude sur la propagande anglaise durant la Première Guerre Mondiale comme un “historien distingué et membre de la Wellington House” est devenu en somme un spécialiste de l’utilisation des massacres à fin de propagande. Il décrivit et condamna les Turcs dans Armenian Atrocities: Murder of a Nation (Londres, 1915) et The Murderous Tyrany of the Turks (Londres, 1917).140 Ce qui n’est pas mentionné, c’est le fait que plusieurs des récits de massacre publiés par Toynbee dans son ouvrage de 1915, ont été fournis par personne d’autre que Henry Morgenthau. [141]

Laissant de côté toutes les questions importantes sur la valeur du matériel fourni par Morgenthau, un fait demeure indiscutable, c’est son rôle-clé dans la conception de tous les livres parus durant la guerre sur le sort réservé aux Arméniens par les Turcs. A travers son rôle de fournisseur de matériel à l’Allemand Lepsius et aux Anglais Lord Bryce et Arnold Toynbee et cie., Henry Morgenthau fut un élément essentiel dans l’élaboration de l’opinion publique américaine vis-à-vis des Turcs et des Arméniens bien avant qu’il soit rentré en rapport avec le président Wilson á la fin de 1917 pour son projet qui est devenu finalement Ambassador Morgenthau‘s Story.

Qu’un livre aussi important n’a jamais, jusqu’à cette monographie, été le sujet d’aucune étude publiée, serait inconcevable dans un autre domaine que cet étroit champ de travail connu sous le nom “d’Histoire Turco - Arménienne”, où assez souvent, une émotion crue sert de substitut au travail intellectuel impartial et la propagande passe pour être l’histoire. Mais que doit-on dire de ces chercheurs travaillant sur le “génocide” arménien, qui, de publication en publication, tout au long des décennies passées, citent les mensonges flagrants et les demi -  verités qui caractérisent le livre de Morgenthau sans jamais mettre en doute les inconsistances les plus évidentes de son argumentation ? [142] Ceci, malgré le fait que leurs bibliographies indiquent qu’ils ont utilisé les Documents Morgenthau des collections de la Bibliothèque du Congrès où le journal est conservé. [143]

On ne peut s’empêcher de se demander combien parmi les jeunes Arméniens qui ont commis des attentats terroristes contre des personnalités officielles turques (et des passants) dans les années 1970 et au début des années 1980, ont été influencés par la lecture de Ambassador Morgenthau‘s Story. Combien d’entre eux ont-ils été amenés à considérer des victimes innocentes qui n’étaient même pas nées à l’époque de la Première Guerre Mondiale comme cibles parce qu’elles étaient de la même race que Talaat Bey, qui (selon Morgenthau) s’est vanté d’avoir “fait plus en trois mois pour résoudre le problème arménien qu’Abdul Hamid en trente ans !“

Le devoir des chercheurs, est de trouver, nourrir et préserver la vérité. et non pas de contribuer à perpétuer la haine en propagant sous guise de vérité une fantaisie et des mensonges flagrants. Henry Morgenthau Sr. est mort, il y a quarante-deux ans. Il y a longtemps que son livre aurait dû être enterré avec lui. Son héritage repose légitimement dans son journal, ses lettres de famille et ses dépêches et rapports au Département d’État américain, fruit de son séjour de vingt-six mois en Turquie. Eux, et eux seulement sont la véritable “Histoire de l’Ambassadeur Morgenthau”.



 

[123] The ‘Congressional Records-Senate’ des 20-22 et 27 février 1990 contiennent de nombreuses références au livre de Morgenthau comme preuve que les Arméniens de l’Empire ottoman ont été victimes d’un “génocide” perpétré par les Turcs durant la Première Guerre Mondiale.
[124] Un bon exemple en fait (un parmi beaucoup) est celui de Margot Stern Strom et William S. Parsons, Facing History and Ourselves: Holocaust and Human Behavior. Watertown, Massachussetts (International Education), 1982, un guide qui est largement diffusé dans différents États à travers le pays. Dans les pages 316-382 de ce guide, un chapitre intitulé: “The Armenians-A Case of a Forgotten Genocide-Do We Learn From Past Experiences?”, cite souvent le livre de Morgenthau, avec de nombreux extraits, notamment dans les pages 322-323, 367-68 et 372.
[125] Great Britain: The Treatment of Armenians in the Ottoman Empire: Documents Presented to Viscount Grey of Fallodon, Secretary of State for Foreign Affairs. Préfacée par Lord Bryce. Londres (Hodder & Stoughton), 1916. Ce volume de 700 pages a été compilé par l’historien Arnold Toynbee. (Ci-dessous: Toynbee: Treatment).
[126] Lepsius, Johannes: Le Rapport Secret du Dr. Johannes Lepsius sur les Massacres d’Arménie. Paris (Payot & Cie.). 1918.
[127] LC/PHM - Bobine no. 5: Note du journal de Morgenthau du 31 juillet 1915.
[128] FDR: HMS - Boîte no. 8: lettre de Morgenthau du 9 août 1915 p. 9.
[129] Archives Nationales, Washington: Record Group 59:867.4016/83 pour le texte du télégramme de Morgenthau au Secrétaire d’État du 31 juillet 1916. Voir aussi: LC: PHM -Bobine no. 7: ‘Paraphrase’ dans les notes de Morgenthau du télégramme chiffré au Département d’État, daté du 31 juillet 1915.
[130] LC: PHM - Bobíne no- 5: Note du journal de Morgenthau du 3 août 1915.
[131] Archives Nationales, Washington : Record Group 5 9:867. 4016/83 télégramme du 4 août 1915 de Lansing à Morgenthau. Voir aussi: LC: PHM - Bobine no. 7: ‘Paraphrase’ dans les notes de Morgenthau du télégramme chiffré de Lansing à Washington daté du 4 août et reçu le 6 août 1915.
[132] LC: PHM - Bobine no. 5: Note du journal de Morgenthau du 11 août 1915.
[133] LC: PHM - Bobine no. 5: Note du journal de Morgenthau du 14 août 1915.
[134] FDR: HMS - Boîte no. 8: lettre de Morgenthau datée du 23 août 1915, p. 5.
[135] LC: PHM - Bobine no. 7: lettre de Bryce à Morgenthau du 7 août 1915. Pour la manière dont Lord Bryce a prêté le crédit de son nom à la campagne de propagande de ‘Wellington House’ dont le but était de pousser les États-Unis à. la guerre, voir : Michael Sanders & Philip M. Taylor, British Propaganda During the First World War, 1914 - 1918. Londres (The Macmillan Press), 1982, pp. 143-144 (Ci-dessous Sanders/Taylor, Propaganda).
[136] Les documents de Morgenthau en particulier: LC: PHM - Bobines no. 7 et 22, contiennent des copies d’un grand nombre de rapports de missionnaires, consuls et voyageurs, soumis à Morgenthau entre début mai et fin 1915.
[137] Voir par exemple, Toynbee, Treatment: p. 547: ‘Aleppo: Series of Reports From a Foreign Resident at Aleppo; Communicated by the American Committee for Armenian and Syrian Relief: rapport daté du 12 mai 1915. Le “résident étranger” d’Alep n’est autre que le consul américain J. B. Jackson, et le passage en question est pris directement d’un rapport qu’il soumit à Morgenthau (Voir: LC: PHM - Bobine no. 7).
[138] Henry Morgenthau, “The Greatest Horror in History”, Red Cross Magazine, (mars 1919);  p. 8.
[139] Sanders/Taylor, Propaganda: pp. 144-46.
[140] Ibid., : pp. 145-46.
[141] Une comparaison des contenus des livres de Arnold J. Toynbee, Armenian Atrocities: The Murder of a Nation. Londres (Hodder & Stoughton), 1915 et The Murderous Tyranny of the Turks. Londres (Hodder & Stoughton), 1917 avec les rapports des missionnaires, consuls et voyageurs conservés dans les documents de Morgenthau (voir LC: PHM - Bobines no. 7 et 22) établissent ce fait. Sur la base des récits qui existent, il est impossible d’affirmer avec assurance que Morgenthau ait passé ces informations en personne à Bryce et Toynbee. Il a Pu se servir d’intermédiaires.
[142] Le cas dont il s’agit est le chercheur américain d’origine arménienne Richard G. Hovannisian, qui dès ses premiers travaux comme Armenia on the Road of Independence, 1918. Berkeley (University of California), 1967. p. 52 jusqu’à son récent travail The Armenian Genocide in Perspective, New Brunswick (Transaction Books), 1986 pp. 29-30 (dans son article intitulé: “Historical Dimensions, 1878-1923,’ et, encore, p. 112 de son article “The Armenian Genocide and Patterns of Denial”), utilise fréquemment des notes de Morgenthau. Il est évident qu’Hovannisian, dont les activités présentes se concentrent sur les tentatives de négation de la réalité historique du”génocide” arménien (voir son récent “Patterns of Denial Fail to Veil Genocide”, dans Armenian International Magazine.Volume 1, No. 1 (juillet 1990), pp. 16-17), pourrait tirer avantage d’un examen plus circonspect des sources à partir desquelles il a basé sa caractérisation du drame des Arméniens dans l’Empire ottoman.
[143] Richard G. Hovannisian, The Armenian Holocaust: A Bibliography Relating to the Deportation, Massacres, and Dispersion of the Armenian People, 1915-1923. Cambridge, Massachusetts (Armenian Heritage Press), 1980. A la page 13, dans une énumération des collections de notes conservées dans la Bibliothèque du Congrès, Division des Manuscrits, Hovannisian fait la référence suivante aux notes de Morgenthau: Henry Morgenthau, Sr. (contient des centaines de rapports sur les massacres et les tentatives futiles de 1 ‘Ambassadeur d‘intercéder). Malgré le fait que ce genre de “rapports” se chiffre à des douzaines et non pas des centaines, l’affirmation de Hovannisian implique (vu l’absence d’études publiées à cette date qui fussent basées sur ces rapports) qu’il a dû également examiner les “Documents de Henry Morgenthau” conservés à la Bibliothèque du Congrès.

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