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INTRODUCTION

Kamuran GÜRÜN*
Le Dossier Armenien
 

 .F™DP="justify">INTRODUCTION


On ne saurait imaginer une nation ou une communauté dépourvues d’histoire. Un groupe humain dont les membres appartiennent à une même race, ont une même origine, une même religion, une même langue et ont vécu, ne serait-ce que quelque temps dans une même région, constitue une communauté qui de toute évidence a son histoire propre.

Une communauté possède une histoire même si elle ne s’est jamais constituée sous la forme d’un Etat, même si elle est assujettie à une nation plus puissante ou morcellée entre plusieurs pays. Car l’histoire est la somme des divers événements survenus dans la destinée d’une communauté, c’est-à-dire d’un groupe possédant les traits énumérés ci - haut.

Il est assurément normal que les ressortissants d’une nation ou d’une communauté écrivent leur propre histoire. Cependant pour ce faire, il faut d’abord qu’ils possèdent une écriture. Bien que celle-ci ait été inventée par les hommes il y a fort longtemps, on constate qu’elle est apparue chez divers peupies à des stades différents de leur développement. Par conséquent, ceux qui veulent acquérir des notions sur la période de leur histoire non consignées dans leur propre langue, peuvent en retrouver des éléments dans l’histoire des peuples voisins, dotés d’une écriture avant eux.

Il est, certes, tout à fait nature! qu’ayant acquis l’accès à l’écriture, une communauté relate son histoire en sa propre langue après l’avoir étudiée à travers des sources étrangères. Mais si ceux qui le font se permettent d’ajouter au récit leurs propres inventions ou de s’approprier i’histoire d’autres peu¬pies, les théories qu’ils auraient ainsi avancées ne seront jamais universelle¬ment admises et ne se propageront guère hors d’un cercle très étroit.

Si pour écrire des livres d’histoire il faut, en premier lieu, posséder une langue écrite, la seconde condition pour élaborer une œuvre historique digne de ce nom c’est d’être objectif et de se placer sur un terrain scientifique. Sinon l”‘histoire” en question ne sera pas une œuvre historique mais de la mythologie, une légende ou un conte.

On ne saurait dire que !es historiens - surtout ceux du Moyen Age - aient été parfaitement objectifs en relatant l‘histoire de leur pays. Par conséquent, si on veut examiner de façon objective les événements qui se sont déroulés au cours d’une période éloignée, il est indispensable d’étudier l‘histoire de divers autres Etats ayant eu un rapport avec les événements en question et d’établir une “moyenne” plausible entre !es diverses versions.
 
Bien entendu ce que nous venons de dire est vrai pour tous les pays et toutes les nations, y compris les Arméniens.

Les Arméniens forment une communauté dont les membres appartiennent à une même race, ont la même religion, parlent la même langue et ont vécu pendant un certain temps dans une même région. Cette communauté fut mêlée à certains événements et les a parfois provoqués. Par conséquent les Arméniens ont indiscutablement une histoire.

L’élaboration de l’alphabet et l’acquisition subséquente de la langue écrite par les Arméniens ont répondu à un besoin précis: celui de propager le christianisme dans la population, après que la communauté arménienne eût adopté cette religion. Les fondateurs de l’Eglise arménienne trouvèrent en effet nécessaire de traduire en arménien l’Evangile et d’autres livres sacrés. Avant cette “arménisation” du culte, les prières et les cantiques étaient récités soit en grec soit en syriaque.

La conversion des Arméniens date de l’année 301. L’alphabet arménien de trente-six lettres fut élaboré par Mesrob en 406 [1]. Donc pendant un siècle après leur conversion les Arméniens ont vécu sans alphabet. Si les Arméniens ne s’étaient pas convertis à la religion chrétienne et si l’Eglise n’avait pas ressenti le besoin de propager cette nouvelle religion, la création de l’alphabet arménien aurait probablement eu lieu beaucoup plus tard. Les chefs politiques qui pour une raison quelconque étaient placés à la tête de la communauté arménienne ne semblaient pas pressés d’enregistrer par écrit les détails de leur activité et de leurs succès. S’ils en avaient ressenti le besoin, ils auraient travaillé eux-mêmes à i’élaboration de cet alphabet et n’auraient pas confié ce soin à l’Eglise.

Tridate III qui s’était converti en 301 à la religion chrétienne et avait voulu répandre cette foi dans le peuple était un prince féodal. Mesrob Mashtotz qui a élaboré l’alphabet sur ordre du dixième Catholicos, Sahak I, appartenait au clergé.

Les premiers livres arméniens qui parurent après la création de l’alphabet étaient les traductions de livres à contenu religieux [2] grecs ou syriaques. Ceci montre bien qu’à l’époque les Arméniens ne s’intéressaient pas outre mesure à leur propre histoire.
Le premier historien arménien dont on connaît le nom est un certain Agathange, secrétaire de Tridate III. On dit que ses œuvres décrivent l’époque de Tridate III et relatent l’histoire de la conversion des Arméniens [3]. Naturellement, comme de son temps il n’y avait pas encore d’alphabet arménien, cette histoire n’aurait pas pu être écrite en cette langue. On a cru à un certain moment qu’Agathange écrivait en grec, mais on ne le pense plus [4].
 
Selon Pasdermadjian, Agathange vivait au lye siècle [5] alors que David Marshall Lang le situe vers le milieu du Ve siècle [6]. Cependant, il convient de remarquer que Moïse de Khoren, qu’on considère comme le premier historien classique arménien, cite dans son Histoire de l’Arménie certains historiens mais ne mentionne pas Agathange.

Il y a diverses opinions contradictoires sur la vie et l’œuvre de Moïse de Khoren. On pense communément qu’il a vécu au Ve siècle. Il est à noter qu’il parle dans son œuvre d’autres historiens arméniens qui l’auraient précédé parmi lesquels un certain Mar – Apas - Katina. Toutefois, d’après l’éminent orientaliste Auguste Carrière, Moïse de Khoren aurait vécu au VIIIe siècle et non au Ve Quant à Mar – Apas - Katina, Carrière considère qu’il n’a jamais existé et qu’il s’agit là d’un pseudonyme sous lequel se dissimule Moïse de Khoren lui-même.

Jacques de Morgan, dont la réputation en tant qu’historien égale celle de Moïse de Khoren, écrit qu’il est impossible de donner d’amples détails sur tous les écrivains et historiens arméniens ainsi que sur leurs œuvres. Il se borne donc à dresser à l’intention des chercheurs une bibliographie d’autres travaux sur ce sujet. Il est intéressant de noter qu’il n’y mentionne pas Auguste Carrière [7].

Ce qui est plus intéressant encore c’est l’historique du livre de Jacques de Morgan. Il est instructif d’apprendre dans quelles circonstances fut composé un livre d’histoire réputé classique.

Le livre de Jacques de Morgan fut imprimé en 1919. Lorsqu’en 1981 on procéda à sa réédition, on y ajouta une préface de Constant Vautravers et une note d’Edmond Khayadjian résumant la correspondance échangée entre l’auteur et Archag Tchobanian avant que le livre ne fût composé et pendant que Morgan l’écrivait.

Dans la préface de Vautravers, la phrase suivante est particulièrement significative:

“Dans l’esprit de ses auteurs et inspirateurs, l’Histoire du peuple arménien devait servir un triple but: informer et sensibiliser l’opinion publique française et internationale; mieux faire comprendre et justifier les motifs des Arméniens à réclamer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à retrouver une nation indépendante; inciter, de ce fait, les hommes d’Etat - qui s’y étaient d’ailleurs engagés - à inscrire dans les traités de paix la satisfaction de cette revendication [8] “

D’autres notes assemblées par les soins de E. Khayadjian sont également instructives.

C’est Gustave Schlumberger, byzantinologue et membre de l’Institut, qui, sur la prière d’Archag Tchobanian, avait suggéré à Morgan d’écrire une Histoire du peuple arménien. Pourquoi donc un historien de métier comme Schlumberger n’a-t-il pas écrit ce livre lui-même mais a jugé bon de faire intervenir Morgan, un archéologue, qui à cette époque, entretenait de fort mauvais rapports avec l’administration française? Les notes de Khayadjian n’apportent aucune réponse à cette question.

“Né en 1872 à Istanbul - une ville qui était devenue dans la seconde moitié du XIXe siècle la véritable capitale intellectuelle des Arméniens de l’Empire ottoman - Archag Tchobanian avait achevé ses étude à l’Ecole centrale arménienne” (Jacques de Morgan, Histoire du peuple arménien, p. XXIII). Après avoir débuté comme journaliste à Istanbul, il s’était établi en 1895 à Paris où il devint le chef de file des groupes arméniens qui s’employaient activement à nuire aux intérêts de l’Empire ottoman. Au début de la Première Guerre mondiale, Tchobanian estima que le moment était venu de faire paraître une Histoire d’Arménie. Il demanda à Morgan de l’écrire et sollicita l’appui de Schlumberger auprès de ce dernier. Schlumberger écrivit à Morgan le 14 mars 1916:

“Le principal but de ma lettre est de vous prier instamment d’accéder à la demande si pressante de M. Tchobanian. Il est venu me voir à ce sujet hier. Il est absolument indispensable de publier un livre de 3.50 chez Plon ou ailleurs, livre brillant résumant l’histoire de l’Arménie chrétienne; en un mot il faut que le public français possède une histoire d’Arménie (Bagratides, Roupéniens, domination turque) et que cette histoire soit écrite de main de maître avec vie sans pédantisme ennuyeux. Nous sommes tombés d’accord avec M. Tchobanian que vous seul pouvez écrire ce livre brillamment et rapidement. Il vous fait toutes les facilités. Il va vous récrire. Je vous prie instamment de dire oui. Ce oui sera plus utile mille fois pour notre cause que si vous aviez passé ces 18 mois dans les tranchées. Laissez tout de côté momentanément pour ce travail si utile.” (page XXIX)

Nous donnons aussi quelques extraits de la réponse que Morgan adressa à Schlumberger le 18 mars 1916:

“(...) Dans mon esprit, une Histoire des Arméniens signée par moi devait être écrite très documentée avec toutes les références et très complète; mais je vois que ce n’est pas ce que désire M. Tchobanian et ce que vous voyez vous même .Il s’agit d’un livre de vulgarisation sans bibliographie, comme La Grande Grèce de F. Lenormant. Ceci modifie quelque peu ma manière de voir.

“Cependant je n’ai ici aucun document (...) Vous me dites que M. Tchobanian m’enverrait tout ce qu’il me faut (...) Si je devais m’arrêter en cours de route il n’y aurait qu’à continuer et terminer l’œuvre commencée et M. Tchobanian aidé de vos bons conseils peut très bien le faire. De sorte que ce volume soit prêt en temps opportun. (...) C’est un tour de force que d’écrire un livre d’histoire dans ces conditions.” (p. XXXII)

Poursuivant notre analyse, nous rencontrons deux autres lettres de Morgan à Tchobanian dont nous extrayons quelques passages:

“En ce qui concerne les ouvrages qui me seront nécessaires pour écrire l’Histoire de l’Arménie, je ne puis vous fournir d’indications qu’alors que je saurai ce qui a été publié. Je ne possède guère dans ma bibliothèque à Paris que les ouvrages sur l’Antiquité jusqu’à Moïse de Khoren, Zénob et autres. Alors que c’est le Moyen Age surtout qu’il importe de mettre en valeur dans le livre que je dois écrire.

“(...) Pour l’histoire de la Grande Arménie jusqu’à la ruine d’Ani je n’ai pas les titres des ouvrages présents à la mémoire, mais vous êtes certainement bien renseigné à cet égard.” (p. XXXVI)

“J’ai reçu les deux volumes de Lynch et en ai commencé la lecture.” (p. XXXV)
“Vos aimables envois me sont bien parvenus et je m’empresse de vous en accuser réception:
1. le Sissouan ou l’Armeno - Cilicie, 1 vol., in-4o, Venise 1899.
2. M. Alishan, Léon le Magn?fique, trad. G. Bayan, 1 vol., in-8o, ire partie, Paris 1883.
3. Histoire universelle, d’Etienne de Daron, trad. Dulaurier, 1 vol., in-8o, ire partie, Paris 1883.
4. Pseudo Sébéos, Macler, ext. Rev. Asiat.
5. L’Eglise arménienne, Malachia Ormanian, in-8o, Paris 1910.
6. F. Macler, Histoire d’Héraclius par l’évêque Sébéos, 1 vol., in-8o, Paris 1904.

“Tous les ouvrages portent votre nom écrit au crayon sur la couverture afin que s’il m’arrivait un accident, ils vous soient rendus.” (p. XXXVI)

Il semble bien que ce soit sur la base de ces livres que Morgan ait cornposé son Histoire du peuple arménien. Il avait soumis son manuscrit à l’examen de Tchobanian. Le 18 mai 1916, Morgan écrit:

“Je viens de lire avec beaucoup d’attention toutes les notes intercalées dans mon texte (...) J’insisterai même plus que je ne l’avais fait et que vous me le demandez sur le rôle civilisateur de l’Orient des divers royaumes d’Arménie depuis les temps les plus anciens...” (p. XXXVI)

Le 7 mars 1917 Morgan écrit encore à Tchobanian pour lui demander d’examiner attentivement son livre et le 18 juin 1917 il lui dit qu’il tiendra soigneusement compte de ses remarques et complètera les parties que son correspondant a trouvé trop écourtées. ?l dit aussi que sa tâche sera facile car il a tous les documents nécessaires sous la main.

Le livre ainsi composé fut terminé en octobre 1917 et livré à l’imprimerie. La lettre de Morgan du 25 août 1918 en parle ainsi:
“Le livre par lui-même, d’aspect très sérieux, où rien n’est livré à la fantaisie ou à l’emballement aura certainement une influence sur les esprits.” (p. XLVI)

Finalement, il convient de mentionner la lettre suivante du 15 mars 1917:

“Quand l’impression sera finie, j ‘écrirai une lettre adressée à vous qu’on reliera au manuscrit. Rendons à César ce qui appartient à César et dans l’avenir ceux qui examineront ce manuscrit y verront comment le livre a été fait, corrigé, revu, imprimé, voire même qui a généreusement fait les frais de l’édition. Ce sont là des choses qui doivent rester pour toujours.” (p. LIII)

Il se peut qu’en publiant cette correspondance Edmond Khayadjian ait voulu faire connaître les services rendus par Tchobanian à la cause arménienne mais on ne saurait dire que ces lettres rehaussent la réputation scientifique de Morgan ou la valeur du livre.

L’Histoire du peuple arménien qu’on considère comme un classique fut imprimée en 1919. Dans l’avant-propos du livre Morgan écrit:

“Quant aux matériaux archéologiques, ils sont pour ainsi dire inexistants, car dans l’Arménie russe, les fouilles commencées par moi-même en 1887-1888, et depuis interdites par l’Administration impériale, n’ont été qu’à peine reprises par une commission russe et, dans l’Arménie turque, par suite des difficultés sans nombre soulevées par le Gouvernement ottoman, aucune recherche n’a été tentée en dehors de quelques fouilles de peu d’importance pratiquées à Van. Nous en sommes donc réduits, pour les temps les plus anciens, aux dires des auteurs classiques grecs et latins, sans contrôle archéologique.”

Parmi les “classiques” de l’histoire arménienne, la chronique de Mathieu d’Edesse (Urfa) occupe, elle aussi, une place de choix. Les opinions sont très divisées quant à la date à laquelle cette chronique fut composée et quant à son contenu. Il est admis que la chronique de Mathieu fut commencée en 1113 et terminée en 1137. Le livre comprend trois parties. La première porte sur les années 952 à 1051, la seconde sur les années 1051 à 1101 et la troisième sur la période commençant en 1101 et se terminant en 1137. A partir de là, l’œuvre fut continuée par le Prêtre Grégoire qui couvrit les années allant de 1137 à 1163. Il existe actuellement 30 exemplaires manuscrits de cette chronique qui sont, pense-t-on, des copies faites au XVIIe siècle. Toutefois ces manuscrits ne concordent pas toujours.

Il est possible que Mathieu se soit basé sur les travaux des historiens qui l’avaient précédé ou bien sur certaines relations orales, mais son texte ne con¬tient aucune allusion à un historien ou à un ouvrage historique. Levon Kachikian affirme que Mathieu s’est servi d’une chronique, aujourd’hui disparue, due au Prêtne Jacques [9].

Les historiens syriaques, arabes et byzantins postérieurs à Mathieu ne mentionnent pas son nom, ce qui semble indiquer qu’il ne fut pas un historien très connu ni très valable.

Mentionnons aussi l’Histoire des Ardzrouni dont l’historiographie arménienne ne parle pas beaucoup et qui, dit-on, avait été écrite au Xe siècle par Thomas Andzrouni.

En outre, il y a divers livres qui peuvent passer pour des chroniques portant sur des périodes déterminées. Tel est le cas, pan exemple, du Livre d’Histoires d’Arkel relatant des événements qui se sont déroulés du temps de Nadir Chah [10]
Il ne fait aucun doute que les divers ouvrages mentionnés ci-dessus et qui font figure de classiques de l’historiographie arménienne, laissent, du point de vue scientifique, beaucoup à désirer.
 
C’est après la Première Guerre mondiale que les publications relatives à l’histoire des Arméniens se firent vraiment abondantes. Elles se basaient sur - tout sur Moïse de Khoren, Mathieu et Morgan, et bien souvent, leurs auteurs ne faisaient que se référer les uns aux autres. Ces travaux laissent transparaître qu’il s’agissait pour leurs auteurs moins de faire œuvre d’historien que d’atteindre un certain but.

En écrivant ce livre nous avons eu surtout recours aux documents des archives officielles. Cependant nous avons également fait appel à divers autres types de sources, car certaines questions n’ont pas leur place dans les archives. Naturellement, nous nous sommes efforcés en particulier de profiter au maximum des œuvres des historiens arméniens énumérés ci - haut.

En principe, nous ne nous sommes référés qu’à des sources que nous avons pu personnellement consulter. La seule exception à cette règle est constituée par un ou deux livres en arménien dont nous n’avons pas trouvé de traduction. Nous nous sommes donc bornés en ce qui concerne ces ouvrages à résumer certains passages cités par Esat Uras, un spécialiste turc réputé pour sa bonne connaissance de l’arménien. Pour écrire un livre tel que le nôtre, on peut avoir recours à deux méthodes différentes: la première, souvent employée dans le but de nuire à la Turquie, aurait consisté à raconter certains événements tragiques en ne s’appuyant que sur des témoignages d’origine turque. Dans les archives ottomanes, il y a assez de documents de ce genre pour alimenter plusieurs volumes. L’autre méthode consiste à exposer objectivement les événements, dans leur éclairage véritable, en s’appuyant sur les documents. Comme nous n’avons pas l’intention de mettre en accusation toute la nation arménienne ni d’imputer à toute la communauté les exploits douteux d’un petit groupe, c’est cette deuxième méthode que nous avons choisie et c’est la raison pour laquelle nous avons évité d’inclure dans notre livre des vues et des observations défavorables aux Arméniens en tant que communauté.

Les documents officiels cités dans nos notes seront prochainement publiés, avec bien d’autres, en plusieurs volumes, dont le premier paraîtra peut-être avant ce livre.

Quant aux autres sources dont nous nous sommes servis, il s’agit presque toujours de livres qu’on ne trouve plus dans les librairies mais qu’on peut consulter, comme nous l’avons fait nous-mêmes, dans les bibliothèques nationales d’Amérique, d’Angleterre, de France et de Turquie.

Si on lit sans arrière-pensée cet ouvrage que nous avons composé sans aucune malveillance, on se rendra facilement compte de ce que fut la réalité. Du reste, c’est le but que nous avons poursuivi en écrivant ce livre.



[1] Ces données se trouvent dans tous les ouvrages consacrés à l’histoire arménienne. Nous ne trouvons donc pas nécessaire d’indiquer nos sources.
[2] Jacques de Morgan, Histoire du peuple arménien, Paris, 1919, p. 304.
[3] J.A. Gatteyrias, L’Arménie et les Arméniens, Paris, 1882, p. 77.
[4] Jacques de Morgan, op. cit. , p. 310.
[5] Pasdermadjian, Histoire de I’Arménie, Paris, 1949, p. 113, note 2.
[6] David Marshall Lang, Armenia, Londres, 1980, p. 268.
[7] Auguste Carrière, Moise de Khoren et les Généalogies patriarcales, Paris, 1891.
[8] Jacques de Morgan, op. cit., p. 309.
[9] Professeur Aktok Kachkarli, Introduction à la civilisation des ethnies du Haiastan, manuscrit, p. 14.
[10] Ces deux œuvres figurent dans l’ouvrage de M.F. Brosset intitulé Collections d’historiens arméniens (reprint, Amsterdam, 1979).

 

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