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CONCLUSION

Kamuran GÜRÜN*
Le Dossier Armenien
 

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Après la conférence de Lausanne, les Etats européens et la Russie se replongèrent dans leurs propres affaires. Dans ces pays le dossier des Arméniens fut ainsi refermé.

Les Arméniens avaient commencé à se quereller entre eux. Dachnak et Hentchaks, patriarcats d’Etchmiadzin et d’Antélias étaient en conflit ouvert. Mais ces discordes intestines sont en dehors de notre sujet (pour plus de détails, on peut consulter, par exemple, K.S. Papazian, Patriotism Perverted).

En Amérique, la situation prit une tournure quelque peu différente. Dans ce pays dont les contacts avec l’Empire ottoman ne s’étaient faits que par l’intermédiaire des missionnaires, le climat que créèrent ces derniers suscita un sentiment hostile aux Turcs, dans les masses populaires au moins. L’Eglise protestante y avait une influence assez importante sur l’opinion publique. Les Arméniens - presque tous émigrés de Turquie - en profitèrent pour constituer un lobby.

N’ayant pas été en guerre avec la Turquie, les Etats-Unis n’avaient pas signé le traité de Lausanne. Mais comme les relations diplomatiques avaient été rompues, un traité américano-turc d’amitié et de commerce fut signé le 6 août 1923, peu après le traité de Lausanne et dans la même ville. Les Arméniens d’Amérique se lancèrent dans une active campagne pour que cet accord ne soit pas ratifié par le Congrès. Le Parti démocrate inscrivit même ce point dans son programme électoral. Finalement, lors du vote qui eut lieu au Sénat en 1927, six voix firent défaut pour obtenir la majorité des deux tiers et l’accord fut repoussé.

Un nouvel accord avec les Etats-Unis ne put être conclu qu’après 1930. Mais, la crise économique qui sévissait à cette époque laissa les Etats-Unis face à face avec leurs propres problèmes, la Seconde Guerre mondiale éclata peu après et le dossier arménien fut oublié.

En juin 1945, après la fin de la guerre, une réunion des institutions arméniennes du monde entier eut lieu à Erivan à l’occasion de l’élection du nouveau catholicos. L’affaire de Kars et d’Ardahan y fut évoquée. On tenta de la présenter devant la conférence de la Paix. Mais le monde s’était déjà de nouveau scindé en deux. De plus et surtout, au cours de la guerre de Corée qui devait éclater peu après, la Turquie et les Etats-Unis se rapprochèrent et établirent des liens d’amitié. Tout ceci ne permit pas à l’hostilité envers les Turcs de se développer de manière ostensible et on ne l’observa plus qu’à titre individuel au sein des communautés arméniennes de certains pays.

A partir des années 60, marquées par une période de détente entre les deux blocs, des mouvements sporadiques d’agitation eurent pour effet de provoquer graduellement, dans un nombre croissant de pays l’organisation de cérémonies et l’érection de monuments le 24 avril de chaque année. En 1966, il fut question de soumettre l’affaire aux Nations Unies.

Lorsque la question de Chypre déboucha sur une crise, une coopération clandestine et invisible s’instaura entre Arméniens et Grecs, comparable à celle qui s’était établie pendant la guerre d’indépendance.

On lit dans I’ouvrage de Katchaznuni:
“Les Etats européens ont abandonné notre cause. La moitié de la nation arménienne a été anéantie ou dispersée aux quatre coins du monde. L’autre est exsangue, elle a besoin d’un long repos. La République arménienne n’est qu’une province sous domination russe. Même si nous le voulions, nous ne pourrons séparer notre Etat de la Russie. Le Parti a été vaincu et a échoué dans ses objectifs. Il a été rejeté du territoire. Il ne peut retourner au pays. Il ne peut rien faire à l’étranger. Telle est la situation aujourd’hui. Il n’y a désormais plus rien que puissent faire les Dachnak.”

Mais Katchaznuni s’est trompé. Les Dachnak poursuivent leur besogne et continuent comme par le passé, d’attaquer et de tuer des innocents, de commettre des attentats.

Toutefois, ce qu’ouvrent aujourd’hui les Etats ce n’est plus le vieux dossier arménien couvert de poussière, ce sont les dossiers de crimes enregistrés dans les procès-verbaux de la police.

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